Page:Eugène Le Roy - Jacquou le Croquant.djvu/237

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je te sais gré du sentiment qui t’a porté à prendre ma défense ; mais, une autre fois, il faut être plus patient ; allons, va te changer…

La Fantille, à qui je dus aussi expliquer les accrocs de ma blouse, ne fut pas du même avis que le curé ; elle dit que j’avais bien fait de corriger cet individu.

— Je te pétasserai toujours de bon cœur, lorsque tu auras été déchiré en pareille occasion !

— Allons, allons ! Fantille. Il faut être plus doux et savoir supporter les injures et les calomnies.

— Oh ! vous, monsieur le curé, vous vous laisseriez agonir de sottises sans rien dire.

Le curé sourit un peu, et s’en fut écrire dans sa chambre.


Moi, je me doutais bien que toutes ces méchancetés répandues par les curés, d’après le mot d’ordre des jésuites prêcheurs, n’annonçaient rien de bon. « Sans doute, me disais-je, afin de préparer les gens à une mesure de rigueur contre le curé Bonal, on essaye de le déshonorer à l’avance. » Dans mon idée, on voulait l’ôter de Fanlac, et l’envoyer dans quelque mauvaise petite paroisse au loin, rien ne pouvant lui être plus pénible que de quitter ses chers paroissiens, qui l’aimaient tant… Mais je ne connaissais pas bien ses ennemis et persécuteurs.

Quelques jours après, arriva une autre lettre