Page:Eugène Le Roy - Jacquou le Croquant.djvu/294

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les intentions du défunt, l’avait laissé entendre au juge, lors de la pose des scellés, et ces choses restent difficilement tout à fait secrètes.

La lingère ouverte, dans le tiroir du milieu, dont la clef fut trouvée entre deux draps, le juge découvrit un papier qui était le testament et, l’ayant ouvert, il lut :


« Je donne et lègue à Jacques Ferral, dit Jacquou, tous mes biens meubles et immeubles sans exception, à la charge de garder, de nourrir et d’entretenir avec lui, comme sa propre mère, ma servante Fantille durant sa vie.


» BONAL,
 » ancien curé de Fanlac. »

Le cousin fit une exclamation de dépit, et sa femme, qui déjà s’approchait de la lingère pour voir s’il n’y avait pas d’argent, me jeta un regard furieux comme si elle allait me sauter à la figure.

— Malheureusement pour Jacquou, ajouta le juge, le testament n’est pas valable parce qu’il n’est pas daté.

— Tu vois, mon garçon, fit-il en me montrant le papier. Nous allons continuer, ajouta-t-il, peut-être en trouverons-nous un autre.

Mais il ne trouva rien plus, au grand contentement du cousin et de sa femme qui, aussitôt la recherche terminée, refermèrent tous les cabinets, les armoires, et suivirent toute la maison