Page:Euripide, trad. Leconte de Lisle, II, 1884.djvu/587

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des armes ? Mais qui peut attester, en voyant une lance, que celui qui la porte est brave ? Le mieux est de laisser faire les choses. En effet, cet homme-ci n’est pas grand parmi les Argiens, et il ne se vante pas de la gloire de sa race, et, bien que sorti du peuple, il s’est trouvé excellent. Ne deviendrez-vous pas sages, vous qui êtes troublés par de vaines opinions, et ne jugerez-vous pas plutôt les hommes généreux par leurs mœurs et leur caractère ? Tels sont ceux, en effet, qui gouvernent bien les Cités et les demeures ; mais les corps vides d’esprit sont des statues dans l’agora. Un bras robuste ne soutient pas mieux la lance qu’un bras plus faible. C’est le naturel et la vaillance d’âme qui font tout. C’est pourquoi, puisque, présent ou absent, le fils d’Agamemnôn, pour qui nous venons, est digne de cet accueil, acceptons l’asile de ces demeures. Il faut donc y entrer, serviteurs. Un hôte pauvre et empressé m’est plus agréable qu’un hôte riche. Je loue donc l’accueil qui nous est fait dans la demeure de cet homme. Cependant, j’aimerais mieux que ton frère, étant heureux, me reçût dans ses heureuses demeures. Il viendra peut-être, car les prophéties de Loxias sont certaines ; mais je ne tiens aucun compte de celles des vivants.





LE CHŒUR.

Maintenant, plus que jamais, Èlektra, réchauffons notre cœur par la joie. En effet, peut-être que la fortune qui marche avec peine va s’arrêter heureusement.