Page:Fabre - Chroniques, 1877.djvu/143

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AU PALAIS.


Québec, 7 juin 1867.


Il y a aujourd’hui ou hier dix ou onze ans que je suis avocat, sans l’être. Je ne saurais choisir un meilleur jour pour faire ma première chronique du Palais. Cet anniversaire m’attendrit sur le sort des clients qui m’ont échappé, et j’ai eu ce matin un vague retour vers Domat. Ce Domat n’a point un mauvais style et je me rappelle que, malgré moi, je prenais un certain intérêt à l’étudier. J’ai lu depuis bien des livres plus mal écrits que le sien, et moins agréables sous des airs plus légers. Lorsque vous serez de loisir, ouvrez-le pour voir ce que vous en penserez ; dans tous les cas, il ne vous apprendra pas de sottise.

Je ne sais pas comment sont les étudiants de nos jours, ni ce qu’ils font ; mais lorsque je l’étais, voici ce qui advenait.

L’admission à l’étude était une formalité çà laquelle étaient attachés quelques honoraires au profit du secrétaire du barreau. On vous posait au hasard cinq ou six questions sur les Grecs ou les Romains, et n’importe la réponse, elle emportait d’emblée l’admission. On demanda à un de mes compagnons