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AU POUVOIR.


Québec, 25 juillet 1867.


Je ne voudrais pas être ministre pour le quart d’heure.

Lecteur, je vous vois sourire d’ici et je vous entends murmurer : « En voici encore un qui repousse doucement ce qu’on ne lui offre pas. »

Entendons-nous. Lorsque je déclare que je ne voudrais pas être ministre, cela ne veut pas dire que si l’on me pressait un peu fort d’accepter un portefeuille, je ne finirais pas, comme les autres, par me le mettre sous le bras et par gravir lestement les marches du pouvoir. Les hommes qui ont la force de répondre un non tout sec aux ouvertures flatteuses de l’autorité en quête de conseillers, ne sont pas communs dans le monde. On refuse le salaire quelquefois, jamais le titre.

Mais cela ne vous explique point pourquoi je ne voudrais pas être ministre pour le quart d’heure. C’est tout simplement parce qu’il me faudrait refuser des places à trop de gens qui en désirent et qui croient fermement que, grâce à la Confédération, on leur en peut donner à leur faim.