Page:Fabre d’Églantine - Œuvres mêlées et posthumes, t. 2, 1802.djvu/188

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Eh bien ! voilà ta couche,
Dors-y jusques au jour ;
Laisse-moi sur ta bouche
Prendre un baiser d’amour.
Ne rougis pas, bergère,
Ma mère, et moi, demain,
Nous irons chez ton père
Lui demander ta main.


SUITE. Genève, 1783.


A peine encor le couchant brille,
Un peu, là bas ;
La nuit s’avance, et notre fille
Ne revient pas :
Femme, dis-moi : dis-moi, Marie,
Quel accident
Serait échu dans la prairie
A notre enfant ? —

Hélas ! mon dieu ! que puis-je dire ?
Je n’en sais rien :
Avoir des enfans, quel martyre !
Nous voilà bien.
Regarde, qu’elle nuit obscure !....
Paix, je l’entend :
Non ; c’est le noyer qui murmure,
Au gré du vent. —