Page:Faguet - Le Libéralisme.djvu/200

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opinions doit être libre, on lui fera observer, selon moi avec beaucoup de bon sens, qu’un homme ne peut pas se couper en deux à ce point ; que la manifestation de ses opinions comme homme libre lui enlèvera toute autorité comme magistrat, et qu’on a besoin que le magistrat ait de l’autorité.

Je suppose qu’en dehors de sa carrière, un officier déclare que le métier militaire est un métier d’assassins. On lui tiendra avec beaucoup de raison le raisonnement de tout à l’heure.

Je suppose, et le fait s’est produit l’année dernière, qu’un professeur d’histoire, en dehors de sa classe, écrive contre l’idée de patrie. Il aura beau soutenir qu’en dehors de sa classe il est un homme libre comme un autre, on lui fera observer qu’ayant pour mission, comme professeur d’histoire, et du reste ce serait la même chose comme professeur de littérature et comme professeur de philosophie, d’entretenir les enfants dans l’idée de patrie et dans le culte de la leur, ses opinions de journaliste, ne pouvant guère être ignorées de ses élèves, enlèveront beaucoup de poids à ses leçons de professeur, et qu’il est impossible qu’on ne soit pas dans ce cas obligé de choisir.

Un prêtre confessant une de ses fidèles et l’entendant s’accuser d’être joueuse, tonne véhémentement contre la passion du jeu : « Mais, dit la pénitente, perdant un peu patience, Monsieur le Curé, c’est avec vous que je joue.