Page:Farce du cuvier, modernisation Gassies, 1896.djvu/15

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Scène première


JAQUINOT, seul.



JAQUINOT.

Le diable me conseilla bien,
Le jour, où ne pensant à rien
Je me mêlai de mariage !
Depuis que je suis en ménage,
Ce n’est que tempête et souci.
Ma femme là, sa mère ici.
Comme des démons, me tracassent ;
Et moi, pendant qu’elles jacassent,
Je n’ai ni repos ni loisir,
Pas de bonheur, pas de plaisir !
On me bouscule, et l’on martelle
De cent coups ma pauvre cervelle !
Quand ma femme va s’amender,
Sa mère commence à gronder.
L’une maudit, l’autre tempête !
Jour ouvrier ou jour de fête,
Je n’ai pas d’autre passe-temps.
Que ces cris de tous les instants.
Parbleu ! cette existence est dure !
Voilà trop longtemps qu’elle dure !
Si je m’y mets, j’aurai raison !
Je serai maître en ma maison.