Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/181

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« Qu’il y ait, disaient ces anachorètes fermes dans leurs vœux, un nouvel Indra de tous les Dieux, allant où il veut, ayant la force, qu’il veut, inspirant la crainte à l’Indra actuel des Dieux ! 1448-1449.

« Qu’il vaille cent fois Indra en courage, en vigueur ! qu’il soit rapide comme la pensée ! qu’il soit épouvantable dès ce jour même en rémunération de nos pénitences ! »

Dès qu’il eut ouï ces vœux, Çatakratou, le roi des Dieux, consumé d’une cruelle anxiété, courut implorer l’assistance de Kaçyapa, inébranlable dans ses vœux. 1450-1451.

A peine eut-il entendu les paroles d’Indra, le Pradjâpati Kaçyapa s’en fut trouver les Bâlikhilyas, qu’il interrogea pour savoir si leur cérémonie aurait son effet.

« Qu’il en soit ainsi ! » lui répondirent ces hommes aux paroles de vérité. Le Pradjâpati Kaçyapa leur dit alors, en mettant une flatterie comme prélude à son discours : 1452-1453.

« C’est Brahma lui-même, qui, par son ordre, a mis cet Indra à la tête des trois mondes ; et vos révérences viennent d’employer tous leurs efforts à créer un nouvel Indra !

» Que vos éminentes vertus ne veuillent pas rendre vaines les paroles de Brahma ; mais, d’une autre part, la volonté de vos révérences ne doit pas rester vaine pour ce que vous avez eu envie de faire. 1454-1455.

» Que cet être à la vigueur infinie soit donc l’Indra de la gent ailée. Accordez cette faveur au monarque des Dieux, qui la sollicite de vos révérences. » 1450.

A ces paroles de Kaçyapa, le plus éminent des anachorètes, le substitut de Brahma dans l’œuvre de la création[1].

  1. C’est le sens attaché à l’idée du mot pradjâpati.