Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/38

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de terribles ressentiments et qu’il sut les projets de Douryodhana, de Karna et de Çakouni, 139.

Dhritarâshtra, après de longues réflexions, dit ces paroles à Sandjaya : « Écoute, Sandjaya, tout ce qui est dans mon cœur et ne veuille pas me blâmer. 140.

» Tu es instruit, tu es plein de sagesse et d’intelligence, tu es estimé pour ta science ! La guerre n’est pas mon opinion et la destruction de ma famille ne m’est pas agréable. 141.

» Je ne mets aucune différence entre mes enfants et les fils de Pândou. Enivrés par la colère, mes fils injurient ma vieillesse. 142.

» Privé des yeux, je supporte ce dédain par faiblesse et par amour de mes fils ; je suis devenu comme insensé à l’exemple de Douryodhana, qui délire et a perdu l’esprit. 148.

» Depuis qu’il a vu la prospérité du splendide Pândouide dans le sacrifice du râdjasoûya et subi la moquerie en regardant les montées du palais. 144.

» Incapable de vaincre lui-même les Pândouides dans un combat, et ne pouvant, tout prince qu’il est, atteindre à leur éclatante prospérité. 145.

» Il a, en compagnie du roi de Gândhara, médité un jeu trompeur sous l’apparence de la bonne foi. Écoute donc, Sandjaya, tout ce qui est connu par moi. 146.

» Quand tu connaîtras dans la vérité que mes paroles sont accompagnées de l’intelligence, alors, fils de Soûta, tu sauras qu'aveugle j'ai du moins la vision de la science.

» Quand j’eus ouï dire qu'Arjouna, levant son arc, avait frappé, abattu sur la terre le but merveilleux, et enlevé Krishnâ à la vue de tous les rois ; alors, Sandjaya, je n’ai