Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/472

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« Est-ce que tu me hais, mon époux, se disait-elle, moi ton épouse qui te hais ? » 4198.

» Pradwéshî lui dit : « Un époux est appelé bhartâ à cause de la nourriture, bharana, qu’il doit à sa femme ; ou pati, en vertu de la protection, pâlana, qu’il doit à son épouse ; mais cette nourriture, n’est-ce pas moi, qui te l’ai donnée jusqu’ici, aveugle, comme à ton fils, que je porte à mon sein ? 4199.

» Je suis épuisée de fatigue, hermite aux grandes pénitences ; je ne puis te nourrir ainsi toujours ! » À ces paroles de son épouse, reprit Bhîshma, le saint, pénétré de colère, fit alors cette réponse à Pradwéshî, qui tenait son fils : « Porte-le dans une famille de kshatryas, et tu mendieras une aumône de leur charité. » 4200.

» Pradwéshî répliqua : « Je n’aurai jamais envie, brahme, d’une richesse, cause de peines, donnée par toi ; agis suivant mon désir, roi des brahmes : que je ne sois plus, comme devant, obligée de subvenir à la nourriture ! »

« Je plante désormais une borne dans le monde, reprit Dirghatamas. Tant que la vie animera ses membres, la femme ne peut avoir qu’un seul époux. 4201-4202.

» Que son époux vive, ou ne soit plus, elle n’obtiendra pas un autre époux. La femme, qui passera dans les bras d’un autre homme, tombera dans le péché, sans nul doute. Que les femmes sans époux, qui violeront cette règle, ne goûtent jamais que de stériles plaisirs, eussent-elles tous les trésors du monde ! 4203.

» Puissent la honte et les reproches les accompagner sans cesse ! » A ces paroles du saint, la brahmanî, vivement irritée, parla ainsi : « Qu’on mène dans le Gange cet enfant ! » 4204.