Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/485

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par la pénitence, ressentaient une douleur extrême de voir ce magnanime au bout du pal et tourmenté par un tel supplice. La nuit, transformés en oiseaux, ils volaient de compagnie, Bharatide, vers le brahme empalé. 4318-4319-4320.

Se montrant à lui selon leurs facultés, ils interrogeaient le plus grand des brahmes : « Nous désirons apprendre quel forfait commis, brahme, t’a conduit ici au supplice effroyable du pal ? » 4321.

Ensuite, reprit Vaîçampâyana, le plus éminent des anachorètes fit cette réponse aux brahmes opulents de pénitences ; « J’irai chez le roi des morts m’informer de cette faute, que j’ignore ; car c’est lui-même et non un autre, qui m’inflige ce châtiment ! » 4322.

L’ayant vu de cette manière après beaucoup de jours écoulés, les gardes s’en furent annoncer au roi comment la chose se passait. 4323.

Ce rapport entendu, le monarque en délibéra avec ses ministres et vint demander son pardon au plus vertueux des saints cloué sur le pal. 4324.

« Je te supplie, ô le plus excellent des rishis, dit le roi, de me pardonner cette offense, que j’ai commise envers toi par ignorance et par folie ; ne veuille pas en garder aucun ressentiment contre moi. » 4325.

À ces mots du roi, l’anachorète pardonna, et le roi fit descendre du pal l’homme, qui avait pardonné. 4326.

Quand il eut fait enlever le patient de la cime du pal, il voulut arracher le terrible pieu, et, n’ayant pu le déraciner, il coupa ce pal à son pied. 4327.

Au même instant où le pal disparut, l’hermite exhala son dernier soupir ; il avait conquis, par cette torturante