Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 2.djvu/137

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ADI-PARVA.

» L’auguste monarque Viçvâmitra désirait pour sacrificateur un magnanime rishi, fils de Vaçishtha et le plus vertueux des anachorètes. 6699.

» Consumé par la soif, consumé par la faim, suivant sa route avec une extrême attention, le roi, non vaincu dans les combats, vit un solitaire, que le même chemin avait conduit en face de lui. 6700.

» Cette éminente personne avait nom Çaktri ; incrément de la race des Vaçisthides, c’était l’aîné de cent fils du magnanime Vaçishtha. 6701.

« Retire-toi ! ce chemin est à nous, » dit le roi brusquement ; et le saint répondit en le caressant d’une voix polie : 6702.

« Mon chemin, grand roi, c’est le devoir éternel : le prince doit céder le pas aux brahmes dans tous les devoirs. » 6703.

» C’est ainsi qu’ils se parlèrent mutuellement au sujet du chemin ; l’un disait : « Va-t-en ! » à l’autre, qui lui répondait avec ce mot : « Va-t-en. » 6704.

» Le brahme, se maintenant ferme sur la route du devoir, ne se retirait pas ; et la colère empêchait le roi de s’en aller pour le respect, qu’il devait à l’anachorète. 6706.

» Alors, dans sa démence, le puissant monarque de frapper, avec son fouet et comme un Rakshasa, le saint hermite, qui ne voulait pas lui céder le chemin. 6706.

» Frappé ainsi par le coup de fouet, le Vaçishthide, le plus vertueux des anachorètes, maudit, égaré par la colère, le plus éminent des rois : » 6707.

« Parce que tu frappes, comme un Rakshasa, vil monarque, un homme voué à la pénitence, tu vas devenir à commencer de ce jour un anthropophage. 6708.