Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 2.djvu/149

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ADI-PARVA.

» Alors, privés de la lumière, ces kshatryas d’errer sur les flancs impraticables de la montagne ; enfin, la vue détruite, l’esprit aliéné, ils viennent supplier la vertueuse brahmanî de rendre le jour à leurs yeux. 6816.

» Tourmentés par la douleur, l’âme égarée, la vision perdue, comme un feu, dont la flamme s’est éteinte, ces princes dirent ces mots à la sainte femme : 6817.

» Que la bienveillance de ta sainteté fasse que la classe des kshatryas puisse marcher encore avec ses yeux pour guides. Fais que nous puissions nous en retourner tous de compagnie, ayant renoncé à nos desseins criminels. 6818.

» Daigne, toi et ton fils, noble dame, nous accorder ta faveur ! Veuille bien sauver les rois, en nous faisant la grâce de nous rendre la vue. » 6819. La brahmanî répondit :

« Ce n’est pas moi, qui vous ai ravi la lumière des yeux, mes enfants ; je ne vous garde pas de ressentiment. Mais, sans doute, c’est le Bhargavain, né de ma cuisse, qui vous frappe aujourd’hui de sa colère. 6820.

» C’est évident ! le magnanime vous a dans sa colère ôté la lumière : il s’est rappelé que vous avez tué ses parents ; il n’y a là-dessus aucun doute. 6821.

» Alors, mes chers fils, que vous tuyiez les fruits des Bhrigou dans le sein de leurs mères, celui-ci fut porté dans ma cuisse une centaine d’années. 6822.

» Le Véda entier avec les six Angas a pénétré dans sa substance pendant ma gestation par le désir de faire encore une chose agréable à la race de Bhrigou. 6823.

» Irrité, c’est évident ! par la mort de ses pères, il désire vous tuer, et son énergie céleste a ravi la lumière à vos yeux. 6824.

» Suppliez donc cet enfant de ma cuisse, le plus grand