Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 4.djvu/18

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À NOS LECTEURS.

volumes et votre poème réduit n’en compose que deux ! Quoi ! sept volumes jetés dans la corbeille aux papiers inutiles ! Est-il possible qu’une telle masse d’intrusions ait pu, de siècle en siècle, naître et prendre vie aux branches du poème trop complaisant !

Sans aucun doute ! Il y a une chose certaine, c’est qu’il ne s’y rencontre pas de nous-même ajouté un seul mol, fût-ce pour servir simplement de liaison. Notre facile travail fut celui de nos ciseaux ; nous avons coupé dans l’étoffe, sans y coudre un seul lambeau, soit pour établir une transition, soit pour faciliter un rapprochement. Le poème s’y trouve en tous ses membres ; il n’y manque rien : bras ou jambes, tête ou galbe !

Imaginez-vous un indigène, que la nature eut fait pour charmer les yeux par la régularité de ses proportions ; mais qui, dans une longue suite d’années, s’est couvert de loupes par tous ses membres, d’excroissances hideuses, de superfétations dégoûtantes, à tel point que cette belle personne n’ait plus, en quelque façon, apparence de forme humaine. Un chirurgien d’Europe survient : il ne recule pas devant la cure, il retranche ces loupes, il passe le fer chaud sur les excroissances, il extirpe impitoyablement les superfétations et parvient à rendre la beauté primitive à ce qui n’était plus qu’une masse informe.