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heures aux différents points du globe. Le soleil paraît se lever à l’est, monte progressivement dans le ciel, atteint son point culminant à midi, et passe au méridien, puis redescend graduellement pour se coucher à l’ouest. Entre deux passages consécutifs du soleil au méridien, il s’écoule 24 heures. Cet intervalle est le jour solaire ou civil. De même, une étoile se lève à l’est passe au méridien (voir ce mot) et se couche à l’ouest. Entre deux levers consécutifs d’une même étoile, il s’écoule toujours le même nombre de secondes (86.164). Elle passe toujours au méridien à la même heure et le temps qu’une étoile met pour revenir au même méridien donne la mesure précise et constante du mouvement tournant de notre planète. Cet intervalle de temps a été appelé « jour sidéral ». Le soleil n’a pas celte constance, cette régularité. Tantôt il est en retard, tantôt il est en avance. Supposons qu’à midi, un point quelconque situé au méridien soit juste en face du soleil ; quand la terre aura accompli une rotation, le méridien se retrouvera comme il était la veille, mais le point considéré n’y sera plus. Pour qu’il revienne devant le soleil, il faut que la terre tourne sur elle-même pendant 3 minutes, 56 secondes. Et cela tous les jours de l’année. Le jour solaire qui, divisé en 24 heures, règle toute notre activité est donc plus long que le jour sidéral. Il y a, par an, 365 jours solaires 1/4, tandis qu’il y a exactement 366 rotations 1/4, soit une de plus. Cette durée du jour solaire est elle-même légèrement variable, le mouvement de translation de notre terre sur son orbite elliptique, qui lui donne naissance, n’étant pas lui-même uniforme. Cette différence entre le jour sidéral et le jour solaire détermine les aspects successifs du ciel qu’il nous est donné de contempler. Le jour sidéral étant plus court d’environ 4 minutes que le jour solaire, les étoiles, dans leur mouvement diurne, avancent donc sur le soleil. Au bout d’un mois, cette avance est de 2 heures et, après un an, de 24 heures. Les constellations que nous apercevons l’hiver sont, par suite de cette avance, voilées par le jour en été, et celles invisibles l’hiver, pour la même raison, illuminent nos nuits d’été.

Les heures. — Ceci posé, divisons la circonférence du globe à l’équateur en parties de 15 degrés chacune et considérons les méridiens passant par ces divisions qui partagent la terre en 24 tranches ou fuseaux. Quand, par exemple, en vertu de la rotation de la terre, le méridien de Paris passera devant le soleil, il sera midi à Paris. Une heure après, ce sera le tour du méridien suivant, il sera midi pour lui, tandis qu’il sera 13 heures à Paris. Les points diamétralement opposés auront alors minuit et 1 heure du matin. Jadis, chaque cité réglait les conditions de sa vie civile sur son heure locale, celle variant d’une ville à l’autre, c’est-à-dire avec le méridien. Les moyens d’interpénétration s’étant développés, il en résulta bientôt de sérieux inconvénients. Il fut décidé que chaque nation aurait une seule heure sur son territoire, celle du méridien passant par sa capitale.

Nonobstant cette amélioration, des différences d’heures persistaient quand on passait les frontières. On décida donc, en 1911, de partager la terre en 24 fuseaux horaires, contenant chacun 15 degrés de longitude, en convenant que l’heure serait la même à l’intérieur de chaque fuseau. L’avantage de cette modification est que lorsqu’on passe d’un fuseau à l’autre, le nombre des heures change exactement d’une heure et que le chiffre des minutes et des secondes ne varie pas.

Rotation des planètes. — La terre, nous l’avons dit, n’est pas la seule sphère qui gravite autour du soleil. D’autres sœurs de notre globe font cortège au soleil et, comme la terre, possèdent un mouvement de rotation. La Lune tourne sur elle même dans le même temps qu’elle accomplit sa révolution : elle ne nous présente donc que toujours la même face. La rotation du soleil


s’effectue en 25 jours, 4 heures, 29 minutes, mais elle n’est pas uniforme, les diverses zones du globe solaire, de part et d’autre de l’équateur ont des vitesses de rotation différentes, qui se ralentissent progressivement à mesure qu’il s’agit de latitudes de plus en plus rapprochées des pôles, et cela au point qu’à la latitude de 40° (N et S) la rotation est plus longue de 2 jours qu’à l’équateur. La rotation des planètes Mercure et Vénus, les plus proches du soleil, semble être de même durée que leurs translations autour du soleil ; elles présenteraient donc, comme la lune, le même hémisphère au soleil, mais cette dernière hypothèse n’est pas prouvée. La durée de leur rotation reste inconnue. Mars effectue sa rotation en 24 heures, 37 minutes, 23 secondes 65. Jupiter, la plus grosse planète du système tourne sur lui même en 9 heures, 57 minutes, 37 secondes. Saturne, la merveille du monde solaire, l’accomplit en 10 heures, 15 minutes. La durée exacte de la rotation des planètes Uranus et Neptune n’est pas déterminée, elle semble être de 10 heures, 40 minutes pour la première et de 8 heures pour la seconde. Toutes deux, cependant, effectuent leur rotation en sens rétrograde, c’est-à-dire centre de celle du soleil et des autres planètes. On n’a évidemment, aucune donnée exacte sur la durée de la rotation de la planète transneptunienne, découverte récemment. — C. Alexandre


ROUTINE n. f. (étymologie : diminutif de route) ; « Proprement, petite route qu’on prend, toujours la même, par habitude. » (Littré). De là : façon de faire ou d’apprendre par répétition en suivant toujours le même procédé. Par routine, on entend donc l’usage, consacré par les traditions, les habitudes, les convenances, de faire une chose de la même manière sans chercher à s’évader des sentiers battus. Un esprit routinier est, en quelque sorte, pétrifié et incapable de voir autre chose que ce qu’il a toujours vu. L’innovation le déroute, il ne conçoit pas un changement à l’ordre tout provisoire des choses, et il taxe de rêveur, d’utopiste ou de fou quiconque essaie de modifier ou de détruire ce qui est. La routine est la grande ennemie de l’évolution. C’est elle qui maintient l’erreur en freinant les forces de progrès. D’où la lenteur de cette évolution. C’est par la routine, ancrée dans les intelligences moutonnières, que les religions survivent. C’est par elle que les idéologies sanguinaires se perpétuent ; c’est par la routine que la bêtise règne. Pourquoi vous habillez-vous de noir à la mort de votre parent ? Pourquoi ces fleurs sur cette tombe ? Pourquoi cette tombe même ? Pourquoi cette alliance au doigt ? Pourquoi vous découvrez-vous devant le saint sacrement, devant le drapeau, devant la Marseillaise ou l’Internationale ? Pourquoi cette ridicule concession à la mode ? Et, puisqu’il fait si chaud, pourquoi ce cache-sein et ce cache-sexe ? — Ô homme, dit libre-penseur, pourquoi cette cérémonie au monument aux morts ? — Ô camarade, pourquoi, dans ton vêtement, dans ton langage, dans tes attitudes, ce conformisme aux traditions « révolutionnaires » ?

La routine est toujours là pour faire accomplir ce qui est conforme à une des plus grandes lois naturelles : la loi du moindre effort. Mais l’individu qui raisonne se dégage vite de l’emprise de la routine, lorsqu’il a conscience de son geste routinier. Vient un moment où il est tout heureux de s’être débarrassé de la masse de préjugés, de vérités toutes faites, de faux symboles, de sentiments factices qui étaient auparavant les moteurs de ses actes. Aussi est-ce dans tous les domaines de l’activité humaine que les novateurs ont eu à lutter contre la routine. Science, philosophie, littérature, arts divers, etc., ont évolué dans l’incessant combat entre le présent et le devenir, car ce qui est ne veut pas disparaître devant ce qui sera.