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MARCHE EN CHASSE-NEIGE

à droite et à gauche, elle devient absolument indispensable dans les bois ou dans les terrains plantés de palissades, si l’on veut éviter les accidents. Elle ne rend, il est vrai, pas possible un arrêt, brusque devant un danger subit, mais permet un léger et lent détour des obstacles ainsi que l’observation rapide du terrain.

Sur des pentes raides et découvertes, en particulier sur celles durcies et couvertes de neige hétérogène, elle permet une réduction convenable de la vitesse. Aussi est-elle pour le ski ce qu’est le balancier pour l’horloge et le frein pour un attelage.

La position désagréable, et même un peu douloureuse d’abord, qu’il est nécessaire d’observer dans la marche en chasse-neige rebute facilement les commençants et ils ne sont pas les seuls ! Il faut ne pas se laisser décourager dans les débuts et se convaincre de l’importance de cet exercice.

On doit tenir les jambes suffisamment écartées et ne pas poser les pieds inclinés naturellement sur le sol mais les maintenir perpendiculaires l’un à l’autre les pointes tournées vers l’intérieur. Toutes ces conditions paraissent très pénibles à nombre de débutants.

C’est alors qu’on peut lire sur les visages inquiets la craintive question qui s’exprime souvent de la façon suivante : « Est-ce qu’ainsi rien ne pourra m’arriver ? »

Mais, d’ordinaire, il ne se passe rien du tout. Il ne peut survenir qu’une chose : généralement, lorsqu’on veut apprendre la marche freinée, les jambes ne sont pas assez écartées, ou les pointes pas réunies. Il en résulte que les skieurs partent en vitesse. L’angle qu’ils font avec leurs skis n’est pas assez ouvert pour agir comme un chasse-neige, c’est-à-dire pour ralentir fortement la course. La seconde faute principale est de se mettre trop sur l’arête sans nécessité, ce qui se paye fréquemment par une chute. Ce résultat est la conséquence de la première faute. Au lieu d’écarter l’arrière des skis avec suffisamment d’énergie, on cherche par erreur à produire l’action de frein en déversant les skis, au lieu de pratiquer un simple élargissement de la trace.

Nous allons, si vous le voulez bien, expliquer, éclaircir une bonne fois ce qu’on entend par « élargir la trace ». Moins la surface de neige que les skis effleurent est grande, et plus la

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