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LE SKI

Avant l’arête du tremplin, il doit y avoir une surface presque horizontale d’environ deux longueurs de ski. On pourra indiquer cette plate-forme au sauteur, au moyen de deux poteaux par exemple, afin qu’il puisse se préparer à temps. En creusant la neige en de certains endroits et en remblayant d’autres, toute pente passable peut être rapidement et bien corrigée. Un peu de sens technique et d’habileté sont plus utiles que de longues instructions.

La partie horizontale du tremplin qui précède l’arête ne doit pas être trop longue, car dans ce cas on perd facilement de la vitesse ; mais si, par contre, elle est trop courte, un départ correct devient impossible.

La piste d’arrivée doit avoir une pente d’au moins 20°. La déclivité d’une pente est très difficile à mesurer à l’œil au début ; avec trois cannes on peut cependant s’en faire une idée quand il s’agit de petites étendues. On place l’une d’elles dans la direction de la pente. Au milieu on plante la seconde de manière à former un angle droit. La troisième est enfoncée par sa partie supérieure horizontalement dans la neige à l’intersection des deux premières, de sorte que la moitié apparaisse encore. L’angle aigu compris entre la partie saillante de la troisième canne et la première placée dans la direction de la pente donne à peu près l’inclinaison de celle-ci. La pente du croquis ci-contre a une inclinaison d’environ 30° ; sur le papier elle ne parait pas forte, mais elle semble beaucoup plus accentuée sur le terrain. Ce n’est que par suite d’une grande expérience qu’on peut arriver à estimer une pente à l’œil.

Il faut adapter les conditions de chute à la pente et le point d’arrivée du saut doit être fortement tassé par les skis. La neige très profonde et molle est plus dangereuse que celle qui est tout à fait durcie, et, si son épaisseur n’est pas d’au moins 30 centimètres, il vaut mieux abandonner le saut.

Il y a de grands avantages à ce que l’extrémité de la piste, c’est-à-dire l’endroit où l’on s’arrête habituellement après le saut, soit horizontale ; mais rarement on trouve toutes ces conditions réunies sur un terrain d’exercice.

Autant il est agréable d’être seul pour construire le tremplin, autant il est peu désirable de l’être pendant le saut lui-même. On

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