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LE SKI

profonde, d’autres volent après peu de temps, tout à l’aise, et sans tomber. Mais si tout bon skieur n’est pas un bon sauteur, tout bon sauteur est en revanche un fin skieur et s’il joint à ces qualités l’endurance, c’est encore mieux. Il est indiscutable en tous cas que le saut élève et raffermit considérablement l’assurance intérieure et extérieure du skieur. C’est le plus beau spectacle de l’art du ski. Voir un jeune homme voler tranquille et fier comme un aigle, c’est un coup d’œil qui fait à chaque fois palpiter à nouveau. Je comprends la jeune fille enthousiaste qui, lorsqu’elle vit pour la première fois un long saut à ski, tapa du pied sur le sol et s’écria : « Rien que pour cela j’aurais bien voulu être homme ! »


MARCHE EN TERRAIN DIFFICILE


Une descente en terrain difficile à travers des bois touffus, parsemés de gros blocs de rochers offre au skieur habile l’occasion de déployer ses connaissances techniques. Quand on ne peut plus choisir le temps et le lieu où un Christiania, un chasse-neige, un saut de côté ou un saut en profondeur conviennent, mais qu’un arbre, un rocher, un ressaut à pic se trouvent subitement devant vous, la plupart du temps, l’art acquis sur le terrain d’exercice s’écroule comme un château de cartes, et une chute s’ensuit. C’est alors qu’on s’aperçoit que tous les beaux virages de Telemark et de Christiania ne sont que des fantaisies parfois difficiles à appliquer en pratique. Une descente accidentée dans un terrain difficile est désignée par les Norvégiens par un seul mot tiré du dialecte de Telemark : slalom. Le slalom n’est pas un spectacle aussi captivant que le saut, mais il est, pour le skieur, beaucoup plus agréable. C’est déjà émotionnant de traverser des bois, pas trop touffus, en faisant des chasse-neige ; et de terminer, en s’arrêtant en bas juste devant un arbre, avec un Christiania. Nous ne pouvons pas, en réalité, nous représenter le slalom exactement, mais dans un article très instructif sur le ski en Norvège, le professeur Lefmann cite un épisode que nous allons reproduire.

« Déjà avant la fin de la course du saut au Hegghulsbaken,

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