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LE SKI

admirable ténacité se trouvait souvent mise en échec par les éléments.

Il n’en est plus ainsi. Ils glissent chaque jour de toutes les directions rapidement vers l’école, pour leur plus grand bien et celui de la nation.

Enfin, une richesse nouvelle est née. Naguère encore le tourisme n’existait pas en hiver : alors qu’en été se créaient de toutes parts des stations, des hôtels, sources de prospérité locale, l’hiver voyait arriver, pour les hôteliers et les industries qu’ils font vivre, en particulier pour les entreprises de transport, une morte-saison absolue.

Aujourd’hui, bien au contraire, les villégiatures hivernales remplacent, dès octobre, les villégiatures estivales et apportent à ces contrées un élément nouveau d’activité et de richesse.

La montagne n’est plus l’organisme à sang froid qui passait quelques mois de l’année dans la claustration et l’oisiveté ; elle vit maintenant et d’une vie également active dans toutes les saisons.

Le ski dans l’armée. — En ce qui concerne les applications du ski dans l’armée, on peut affirmer que le fantassin à ski peut évoluer assez facilement, même avec le chargement de campagne et qu’il peut manier son arme aussi aisément qu’à pied.

Quant à l’utilisation tactique des troupes de skieurs, les avis sont partagés.

Tandis que les Suédois et les Norvégiens, qui ont introduit depuis des siècles le ski dans leurs armées, adoptent la formation de corps de skieurs assez importants et manœuvrant en masses, les nations plus récemment converties à ce mode de locomotion, préconisent seulement l’emploi de petites fractions destinées à effectuer des reconnaissances, des flanc-gardes, ou à tenir un point d’appui.

La raison de cette divergence de doctrines réside peut-être dans la différence de configuration du terrain entre les pays septentrionaux, renfermant de grandes étendues plates et neigeuses, et les pays très montagneux de l’Europe centrale.

On conçoit que, dans les premiers, de grandes masses de skieurs

puissent conserver en manœuvrant la cohésion nécessaire, évoluer

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