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LE SKI

D’autre part, il faut dire qu’avec une certaine endurance et une certaine sagesse, des gens qui ont dépassé depuis longtemps la plénitude de leurs forces peuvent apprendre le ski, et suffisamment pour en éprouver encore de la joie. Cette sagesse doit s’appliquer surtout au choix approprié des pentes d’exercices suivant le degré des connaissances et aussi à éviter les exercices trop difficiles.

Je connais un homme assez âgé, ayant largement dépassé la cinquantaine, qui laisse rarement passer un dimanche, en hiver, sans faire avec prudence, quelque part dans la montagne, une petite excursion « pour goûter de nouveau le plaisir de vivre » et je connais un septuagénaire qui a commencé le ski à soixante ans et qui, maintenant encore, court souvent dans la montagne « parce qu’ainsi on arrive à rajeunir un peu ».

LA DESCENTE

C’est à cause de la descente surtout que le ski a passé du but utilitaire au sport, c’est-à-dire à un des exercices du corps les plus agréables. Que ne fait-on pas pour jouir d’une belle descente ! On monte péniblement, on travaille et on peine, on patauge dans la neige… on transpire, on sent pleinement à la montée tout le poids des 5 kilos de bois que l’on traîne aux pieds, mais à la descente, on devient un tout autre homme. C’en est fini de la pauvre marche au pas, qui ne vous fait avancer à chaque foulée que de 50 centimètres. Debout, reposant plutôt sur le bout des pieds que sur les talons, les genoux légèrement ployés, le rein creusé, la tête haute, on se dresse, les mains derrière le dos. Alors on part de soi-même ; on ne court pas, on se laisse courir pour ainsi dire.

« Il se tient bien », disent les Norvégiens, d’un skieur qui fait une belle descente. Aucun muscle n’est tendu ni raidi ; au contraire tous jouent avec souplesse. La vitesse augmente, l’air commence à siffler aux oreilles et les plis du cache-nez flottent au vent. Un bien-être infini s’empare de vous. Est-ce parce qu’on éprouve comme un délice de glisser ainsi doucement sur la neige,

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