Page:Fertiault - Mon étoile d’or, 1856.djvu/1

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mon étoile d’or…

CRI DE DEUIL



Adieu l’horizon gai comme un sourire
Que l’espoir dorait pour un fils aimé !
Horizon trop beau, qui t’a pu maudire ?…
À peine entrevu, te voilà fermé !
Devant mes pas s’ouvre un désert immense ;
Dans la froide nuit mon esprit s’endort ;
Je sens dans mon cœur que ma mort commence.
Mon ciel a perdu son étoile d’or !


Morne et l’œil baissé, courbant mon front blême,
Je vois la douleur combler ma maison,
Et, sans nul repos, j’attise en moi-même
Un penser qui brûle ainsi qu’un tison.
Quelle voix intime, hélas ! pourrait dire
Mon triste poëme aux hymnes de mort ?
Larmes de mon cœur, vous pourriez l’écrire…
Mon ciel a perdu son étoile d’or !


Lorsque je guettais, ô ma jeune plante,
Ton éclosion aux fruits presque mûrs,
Le ciel vint tarir ta séve trop lente..,
Dieu m’a pris l’ami de mes jours futurs !
Je n’entendrai plus tes chants, ta parole,
Tes mots caressants, cher et doux trésor !…
Que devient le toit d’où l’ange s’envole ?…
Mon ciel a perdu son étoile d’or !