Page:Feydeau - Un fil à la patte, 1903.djvu/14

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Entre les deux portes du fond, un petit chiffonnier. Bibelots un peu partout, vases sur la cheminée, etc. ; tableaux aux murs ; sur la table de gauche, un Figaro plié.



Scène première


FIRMIN, MARCELINE.


Au lever du rideau, Marceline est debout, à la cheminée sur laquelle elle s’appuie de son bras droit, en tambourinant du bout des doigts comme une personne qui s’agace d’attendre ; pendant ce temps, dans le fond, Firmin, qui a achevé de mettre le couvert, regarde l’heure à sa montre et a un geste qui signifie : « Il serait pourtant bien temps de se mettre à table. »



Marceline, allant s’asseoir sur le canapé.

Non, écoutez, Firmin, si vous ne servez pas, moi je tombe !


Firmin, descendant à elle.

Mais, Mademoiselle, je ne peux pas servir tant que madame n’est pas sortie de sa chambre.


Marceline, maussade.

Oh ! bien, elle est ennuyeuse, ma sœur ! vraiment, moi qui la félicitais hier,… qui lui disais : « Enfin, ma pauvre Lucette, si ton amant t’a quittée… si ça t’a fait beaucoup de chagrin, au moins, depuis ce temps-là, tu te lèves de bonne heure, et on peut déjeuner à midi ! » c’était bien la peine de la complimenter.


Firmin.

Qui sait ! madame a peut-être trouvé un successeur à M. de Bois-d’Enghien ?