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AUTOUR D’UN CANDIDAT

promenade sous bois. Elle s’aperçut que Mmes Lydin et Lavaut lui préparaient une place près d’elles, mais, préférant ignorer cette attention, elle alla s’asseoir sur le canapé où se trouvait Mme de Fèvres.

La conversation prit une autre orientation jusqu’au moment où le maire survint, invité pour le dîner.

Mme de Fèvres l’accueillit avec une exubérance gracieuse, sachant qu’il avait de l’autorité sur les habitants.

— Vous êtes toujours content, Monsieur le maire, pas d’anicroches ?

— Aucune, Madame… tout va bien…

M. Gémy a parlé admirablement au banquet d’avant-hier où il a obtenu un franc succès…

Marcel quitta le groupe des jeunes pour se joindre à celui des « honorables », et il remercia le maire pour ses louanges.

— Ah ! vous parlez bien, c’est certain…

— Dites-nous, Monsieur le maire, si le concurrent a des chances égales ?

Le maire se recueillit quelques instants et prononça :

— On ne peut guère évaluer ces genres de moyens… chaque candidat procède avec les armes qu’il a dans la main et l’âme des électeurs est complexe…

La réponse n’était pas plus compromettante qu’explicite.

On annonça le dîner et Mmes Lydin et Lavaut, dans le brouhaha du déplacement, purent se glisser chacune près de sa fille et lui souffler :

— J’ai bien travaillé pour toi… J’ai conquis la mère…