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AUTOUR D’UN CANDIDAT

Mme Gémy fut indignée par cette volte-face sans grâce et elle protesta :

— Comment… vous m’avez certifié vous-même que Marcel avait toutes les chances !

— Oh ! j’avais toute confiance, répliqua Mme Lavaut glaciale, mais mon mari prétendait que la jeunesse du candidat était un obstacle sérieux.

Mme Lydin, qui conservait un peu de rancune contre cette mère qui n’avait pas voulu la comprendre, eut une flèche empoisonnée :

— Il faut aussi certaines qualités.

— Mais il les a toutes !… cria Mme Gémy, ne me l’avez-vous pas affirmé ?

— Aucune ne lui manque… scanda Mme de Fèvres conciliante.

— Et on sait qu’il est sincère… tout le monde l’aime, poursuivit Mme Gémy, pleine de courage pour défendre son fils.

— Certainement… répondit légèrement Mme Lydin.

Mme de Fèvres reprit avec autorité :

— Il force toutes les sympathies… Il sera l’esprit d’une circonscription, comme il est l’âme de notre petit cercle… Nos filles elles-mêmes ne peuvent plus rien organiser sans lui…

Mme Lydin crut bon de protester avec véhémence :

— Oh ! permettez, chère amie, Isabelle suit simplement ses amies… elle est tellement insouciante !…

Devant ce recul manifeste, Mme Lavaut ne voulut pas qu’on la crût intéressée et elle jeta négligemment :

— Et Louise !… elle possède un détachement