Page:Fiel - Prudence Rocaleux, 1945.pdf/168

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
170
prudence rocaleux

Eudoxie ne garda pas son sérieux non plus et dit :

— Vous n’encouragez guère les « promis » !…

Pour le dîner de ce jour fameux, ces dames dressèrent le couvert avec beaucoup de joie.

À 20 heures, les invités étaient dans le salon, et Prudence n’avait pas encore vu la jeune fille, Eudoxie étant allée ouvrir la porte.

Jacques cependant, avant de prendre place à table, voulut présenter sa fiancée à la bonne Prudence et, avec la façon simple qui le caractérisait, il l’emmena tout bonnement vers l’office.

Prudence, à leur entrée, portait à deux mains une pile de huit assiettes.

Quand elle aperçut la jeune fille, elle poussa un cri perçant et, dans son désarroi, la vaisselle tomba dans un fracas assourdissant.

— Ah ! bien… s’écria Jacques dans un éclat de rire, vous défendez l’émotion aux autres et vous brisez la porcelaine !

— Que je suis désolée, ajouta Janine la fiancée… Je ne pense pas que ce soit ma vue qui ait occasionné ce dégât ?

Prudence était rouge et balbutiait :

— Non… non… Mademoiselle.

Elle se baissa pour ramasser les morceaux, aidée d’Eudoxie accourue au bruit.

— Attendez un peu que je vous présente ma fiancée, Mlle Janine Priale… et cette casseuse d’assiettes est notre originale Prudence… Je pensais bien qu’elle aurait pour vous une bienvenue extraordinaire, mais je ne m’attendais pas à une salve d’artillerie aussi bruyante…

— C’est de la vaisselle blanche, bégaya la pauvre femme, cela porte bonheur…