Page:Fierens-Gevaert, La renaissance septentrionale - 1905.djvu/101

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


des polisseurs et des polisseuses de marbre. Il employa à l’exécution du tombeau quelques-uns de ses disciples : Philippe Van Erem, Gillequin Tailleleu et le fils de celui-ci Taffin, Liévin de hanc (lequel gagnait deux francs par semaine comme Sluter) et Claes de Hanc qui gagnait un peu plus. Malgré ce zèle on ne peut attribuer à Jean de Marville



Claes Sluter
Christ du Puits des Prophètes
(Musée archéologique de Dijon)
et à son atelier que l’ordonnance générale du monument et la taille des galeries d’albâtre, — en somme la partie architectonique de l’œuvre.

Sluter entre en scène en 1389 ; ce travail commencé par autrui le tentait probablement moins que ses absorbantes créations du Portail et du Puits des Prophètes. Néanmoins tous les ouvriers d’images qui passent dans son atelier sont employés au tombeau : Pierre Beauneveu, Prindale, Lefèvre d’Ypres, Willequin Smont, Hennequin de Bruxelles, Hennequin Steene Vanclaire, Mant de Hanc, frère de Liévin, Francequin van Buseghem, Macelart, Antoine Cotelle, Lambillon, Humbert de Namur, Gilles de Seneffe — tous gens des Pays-Bas, plus quelques français. Mais ces entailleurs ne font souvent qu’un séjour très bref dans l’hôtel des imagiers. C’est en juillet 1404, — peu de temps après son entrée au monastère de Saint-Etienne et très peu de temps avant sa mort, — que Sluter finalement prit avec Jean sans Peur l’engagement d’achever le tombeau de Philippe le Hardi dans un délai de quatre ans. Et ce qui prouve bien l’importance minime de la participation de Jean de Marville, c’est que Sluter dans ce marché, s’engage à exécuter pour la tombe l’image du prince ou sa représentation, c’est à dire la statue de Philippe le Hardi « avec deux grands anges qui