Page:Fierens-Gevaert, La renaissance septentrionale - 1905.djvu/211

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165 — Des œuvres conservées de Jean portrait de sa femme, qui est au musée de Bruges. Sur le haut du cadre on lit : Conjux meus Johes me complevit a/lo 1439 , 17 Iunii. Et sur la bordure inférieure : Elus mea tri- gin ta tria a non/. Als ikh kan. Ce portrait appartenait autrefois à la corporation des peintres et des sel- liers et décorait la chapelle de cette gilde, bâtie en 1452 et devenue la chapelle des sœurs « ligouristes dans la Noordzandstraet à Bruges. Un portrait perdu de Jean Van Eyck servait de pendant à celui de sa femme ; ce dernier fut trouvé au Marché aux Poissons de Bruges en 1808 par M. Pierre Van Lede qui en fit don au musée. (1) Ce chef-d'œuvre suprême a pro- voqué les plus étranges commen- taires psychologiques. Dans cette jeune femme de trente-trois ans, aux chairs blanches, délicatement rosées, aux cils blonds, aux imperceptibles sourcils d'or, — les blondes seules étaient belles aux yeux des Flamands d’autrefois on veut voir à tout prix une bourgeoise pincée, désa- gréable, hautaine, monacale, embé- guinée... Les bonnes âmes plaignent son mari et imaginent que Jean Van Eyck à ses côtés menait une exis- tence sans joie et sans air ! Et ceux qui accordent à sa femme un regard franc, une expression loyale, assurent Van Eyck, il nous restesà -décrire le Photo Hanfstaengl. Jean Van Eyck Portrait de Judocus Vydt Volet du Retable de l’Agneau Musée de Berlin e (1) Weale. Exposition des Primitifs flamands. Catalogue, p. 6 .