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CHAPITRE V


Ecole de Dijon (suite). — Sculpture et Peinture

Claes Van de Werve, Jean Malouel, Henri Bellechose

La carrière de Claes Van de Werve[1] n’est pas aussi attachante que celle de Sluter. Son nom, bien entendu, est aussi estropié que celui de son oncle ; on l’appelle de Werne, de Verve, Vin Werve. En 1398 il collaborait déjà, comme « ouvrier d’ymaiges » à l’exécution du Puits des Prophètes ; c’est l’année suivante que Sluter contracte sa grave maladie, et à partir de ce moment son neveu lui apporte une collaboration de plus en plus étroite. En 1401 Claes Van de Werve porte le titre « d’ouvrier et tailleur d’ymages du duc de Bourgogne » ; en 1404 il succède à son oncle et s’occupe tout d’abord d’achever le tombeau de Philippe le Hardi. On ne parvenait point à terminer cette sépulture commencée par Jean de Marville, poursuivie par Sluter et dont le gisant, les anges, le lion, les plourants, les angelots presque tout, en somme, restait à faire. Ce fut l’œuvre capitale de la carrière de Claes Van de Werve.

Placé au musée de Dijon le mausolée se compose d’un socle mouluré en marbre noir de Dinant soutenant une galerie d’albâtre ornée à l’extérieur d’arcatures à crochets, de clochetons, d’angelots et sous laquelle s’abritent quarante figurines appelées au XVe siècle des plourants ou plorans, au XVIIIe des deuils ou des pleureux, et désignées ensuite sous le nom de pleureurs. Sur cette base animée s’étend le mausolée proprement dit, une large dalle — de marbre noir également, — où repose le duc, les mains jointes, les

  1. Cf. ouvrages et articles cités de MM. Monget, Prost, Deliaisnes, Courajod, Kleindausz, Michiels, etc. Cf. aussi Courajod : Quelques monuments de la sculpture bourguignonne au XVe siècle. Gazette des Beaux-Arts. T. XXXII. p. 390. Les quatre premiers chapitres de notre livre étaient tirés quand a paru l’excellent volume de M. Kleindausz : Claus Sluter et la Sculpture bourguignonne au XVe siècle. Paris, Librairie de l’art ancien et moderne.