Page:Filiatreault - Contes, anecdotes et récits canadiens dans le langage du terroir, 1910.djvu/28

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tas, ma tante, une masse de chair pesant dans les 380 livres. Au reste, intelligente et homme d’affaires tant qu’on voudra.

Elle conduisait une jument jaune, maigre, longue comme un jour sans pain, et elle s’était juchée sur le siège d’une petite charrette, avec une hart à la main pour accélérer la marche de su bête.

En la rencontrant, mon ami Alphonse stoppa net.

— Whoa ! aïe, la mère, voulez-vous me vendre votre jument à la varge ?

— Ah ! bouffre ! Oui.

— Combien ?

— Neuf francs la varge.

— C’est bon, je l’achète.

Alors, ma tante La Gritte, sans cérémonie, relève la queue de sa jument :

— Entrez, M’sieu, l’commis va vous la mesurer.

— Touche, touche ! dit Alphonse à son camarade.


N’est-il pas vrai, Père Patenaude, que dans votre temps vous étiez le meilleur tireur de Saint-Rémi ?

— Ah ! oui, Monsieur, c’est vrai.

— Vous êtes allé à Rome dans le but de tuer Garibaldi, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que vous avez fait pendant votre séjour à Rome, parmi les zouaves ?

— Y m’t’uaient, j’en tuais, on s’tuait.

— Et Garibaldi ?

— Y s’est sauvé, l’crapaud, j’ai pas pu le r’ejoindre.