Page:Filion - À deux, 1937.djvu/144

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
— 142 —

— C’est un désir fou, petit frère, mais j’avais rêvé le connaître. Si tu savais comme la vie que je vais être obligée de recommencer va me paraître dure, un changement complet d’horizon me serait salutaire, je n’y puis songer. Il faut que je me presse d’être mieux, sans quoi le médecin me fera transporter à l’hôpital.

En un éclair fulgurant, Alexandre comprit que Laure l’avait appelé à son aide parce qu’elle ne connaissait personne autre et qu’elle était dans une position difficile. Tu seras transportée à la conciergerie Frontenac, ce sera un éclatant démenti aux suppositions de la concierge, nous nous occuperons de te faire soigner, ensuite je veillerai sur toi.

— Mais que dira maman, hasarda Laure.

— Ce sera à toi de lui raconter ta visite à ma chambre et de la persuader.

Madame Lavoise s’était un peu éloignée, Laure la rappela :

— Maman, je vous présente Alexandre Daubourge, mon frère.

La pauvre mère n’avança pas la main, elle se contenta de le regarder et de dire :

— Pauvres enfants.

Ils ne trouvaient rien à ajouter, leurs regards étaient assez éloquents. Laure supplia :

— Maman, vous ne pouvez en vouloir au fils, des fautes du père.

— Madame, dit Alexandre, je vous comprends, n’échangeons pas de paroles inutiles, le temps fe-