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À son retour, Laure apprit cette nouvelle qui la comblait de joie. Une partie de sa tâche était accomplie, la plus rude restait à faire, elle ne désespérait pas de réussir avec la grâce de Dieu.

L’automne est venu avec son cortège de vents froids, de pluie, de jours sombres et bientôt la neige, la blanche neige a fait son apparition. Sans s’en rendre compte, Lucille et Alexandre délaissent Laure pour préparer leur mariage. C’est même elle qui les incite à le faire. Elle les aide à garnir avec soin et amour ce petit nid qui doit abriter leur bonheur. Tous les jours, Alexandre se confirme dans la certitude qu’il ne pouvait trouver une jeune fille plus accomplie que cette Lucille Prévoust. Elle seule saura l’empêcher de regretter Laure. Ensemble ils pourront s’entretenir du passé.

Ils ont attendu le jour de Noël pour célébrer leurs fiançailles. Ils se sont rendus à l’hôpital où languit toujours le père de la jeune fille. Il a étendu, en un geste de bénédiction, les mains sur la tête des deux jeunes gens agenouillés auprès de son fauteuil de paralytique. Des larmes sillonnaient ses joues ridées, mais c’étaient des larmes de bonheur : il n’aurait plus à le tourmenter en songeant à l’avenir de cette enfant si vaillante.

Lucille a réintégré son ancienne pension de famille, et Laure voit venir le jour où elle demandera à son père de lui offrir l’hospitalité. Toutes ces courses de la pension de famille à la conciergerie Frontenac l’épuisent ; sa santé seule n’est pas en jeu et de là-bas surtout, il lui sera plus facile de