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— Sans vous Laure, sans votre bonté, votre ingéniosité, je n’aurais jamais pu reconquérir Alexandre.

— Petite enfant, ma sœur, dit Laure, soyez bien, bien heureuse.

— Il ne manque qu’une chose pour que mon bonheur soit parfait, c’est votre bonheur à vous.

— Avant longtemps, Lucille je serai parfaitement heureuse.

Elle ne croyait pas en ce moment si bien prophétiser, elle voulait seulement leurrer la petite mariée.

À l’hôtel Lasalle, un déjeuner intime réunit quelques parents et quelques amis. Ensuite les autos décorés de papier multicolore se rendent à la gare ; avant de s’embarquer vers le bonheur, Alexandre pour la première fois effleure de ses lèvres la joue de Laure. En cette minute, il a senti qu’elle est devenue tout simplement sa sœur.

Dans le train qui les achemine vers Québec et Saint-Pascal, ensuite, Alexandre et Lucille échafaudent des projets auxquels ils mêlent Laure.

Au débarcadère du train, Lucille, qui n’est jamais venue, regarde étonnée de trouver une ville si différente de Montréal. Dans son inexpérience elle s’est imaginé que toutes les villes devaient être semblables. En taxi, ils laissent la basse-ville où grouillent tout le monde des affaires pour se rendre au Château Frontenac. De la fenêtre de leur chambre, ils voient le fleuve que les derniers rayons du soleil couchant viennent caresser, la longue