Page:Filion - À deux, 1937.djvu/26

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Il comprit que Laure s’éloignait et qu’il n’avait plus qu’une chose à faire pour cet aujourd’hui, la laisser ; il la salua et elle inclina légèrement la tête en réponse.

Il était déjà loin dans la rue, perdu au milieu des indifférents, ou discutant ailleurs les conditions d’une vente, quand elle s’avisa de voir qu’il avait oublié son achat. Elle songea, non sans un petit plaisir d’orgueil qu’il l’avait peut-être fait, avec l’intention d’avoir un prétexte de revenir causer avec elle. Elle mit donc le paquet de côté, certaine qu’un jour ou l’autre il viendrait le réclamer.

Une longue semaine s’écoula sans qu’elle ne le revit. Plusieurs fois il avait été sur le point d’entrer en passant, mais toujours, un réflexe de son subconscient dont il ne concevait pas tout le bien fondé lui criait : « arrière, tu cours à une aventure. » Pourtant aujourd’hui, il n’a pas su résister.

— Bonjour, Mademoiselle Lavoise. Vous allez bien ?

— Merci Monsieur, répond-elle sans empressement. Vous venez réclamer votre parfum.

Elle se détourne, entr’ouvre un tiroir, revient.

— Le voici.

Elle lui tend le paquet recouvert de papier vert.

— J’en étais venue à croire, que vous pensiez l’avoir perdu.

Elle sourit et malgré elle ses yeux se fixent interrogateurs.

Il regarda simultanément et la jeune fille et le paquet. À son tour il sourit amusé :