Page:Filion - À deux, 1937.djvu/32

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Laure acquiesça par un oui peu convaincu, et resta pensive toute cette soirée.

Son bonheur personnel faisait verser des larmes bien amères à une jeune fille qui certes, ne l’avait pas mérité, puisque celui même qui la délaissait, était forcé de rendre hommage à ses qualités.

Comme Alexandre la suppliait d’être gaie pour lui.

— Je ne le puis, soupira-t-elle. Oh ! les larmes de cette jeune fille dont je suis cause ne peuvent que me porter malheur !

— Allons, souriez Laure. J’irai voir Lucille demain, je serai bon pour elle ; plus tard, quand elle sera un peu guérie de mon amour, je lui présenterai l’un de mes amis qui est digne d’elle. Cela vous console, dites.

Elle sourit parce qu’elle était jeune, et qu’elle désirait être agréable à son ami ; pourtant elle sentait sur son cœur le poids de toutes ces larmes que la pauvre enfant avaient versées ce soir.

C’est la veille de Noël. Alexandre a décidé d’appeler Lucille. Laure ne peut sortir avec lui ; elle sera au comptoir toute la soirée, ensuite elle aura bien gagné des heures de repos.

— Lucille, c’est Alexandre qui parle. Comment vas-tu ma petite Luciole ?

— Bien, je te remercie.

— Veux-tu que nous sortions ensemble ?

Pourquoi eut-elle la lâcheté de dire : « oui. » Simplement, parce qu’elle espérait qu’il se fut brouillé avec la jolie poupée qui l’accompagnait