Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 1.djvu/141

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Le Français, né malin, créa la guillotine. Mais je ne suis pas encore avocat, je n’ai point la soutane, ni la bavette. Nous méditons mieux que ça pour quand nous aurons l’âge : c’est de foutre le camp et d’aller vivre tout bonnement avec quatre mille livres de rentes en Sicile ou à Naples, où je vivrai comme à Paris avec vingt. Bon voyage, Monsieur Du Mollet !

Adieu, mon vieux, réponds-moi […] Je suis ennuyé, ennuyeux, ennuyant, embêté, embêtant […] Fume bien…

G. F.
Homme supérieur.

55. À GOURGAUD-DUGAZON[1].
Rouen, 22 janvier 1842.
Mon cher Maître,

Je commence par vous déclarer que j’ai envie d’avoir une réponse. Je compte vous voir au mois d’avril et, comme vos lettres se font attendre des trimestres et des semestres, il se peut que je n’aie pas de nouvelles de vous avant ce temps. Voyons, surprenez-moi, soyez exact : c’est une vertu scholaire [sic] dont vous devez vous piquer, puisque vous avez les autres. J’ai été à Paris au commencement de ce mois, j’y suis resté deux jours, ai été accablé d’affaires, de commissions, et n’ai point eu le loisir d’aller vous embrasser. Au printemps, j’irai vous trouver un dimanche matin et il faudra, bon gré, mal gré, que vous me fassiez cadeau de

  1. À cette époque professeur de 6e au collège royal de Versailles.