Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/102

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96 CORRESPONDANCE

' moi? Un Persan en costume l. . . Je viens de passer une partie de mon apr‘es-midi chez ce, brave Pra- dier qui m’a fait de belles théories sur les voyages. . . Quand cette lettre t’arrivera, tu auras déjà dû re-' cevoir une carte d’Egypte que j’ai recommandée au père Molard... Je pense à toi sans cesse, ton idée m’accompagne partout. Oui, pauvre chérie, va, aie bon espoir; je te ferai de beaux récits de voyage, nous causerons du désert au coin du feu; je te raconterai mes nuits sous la tente, mes courses au rand soleil... Nous nous dirons z oh! te rap— pel es-tu comme nous étions tristes, et nous nous embrasserons, nous rappelant nos angoisses du départ. _

Allons, à demain. Tu voulais prendre le chemin de fer pour venir ici, et moi donc, quelles tenta- tions j’avais de descendre aux stations!

Adieu, pauvre chérie, encore un bon baiser; bonne nuit.

229. À LA MÊME.

Paris, 28 octobre [184.9]. 4

Tu me parles de la bêtise que tu as eue de croire à la prédiction du petit morceau de papier. Je la comprends, car je la partage, quoiqu’en gé- néral, en fait de présages, l’esprit est ainsi fait que l’on croit surtout aux mauvais. (Quand on en a de bons on en doute, quand il vous en arrive de mau- vais, cela vous fait peur. Bouilhet est arrive' ce matin à n l1. Nous dînons ce soir tous les trois ensemble avec Théophile Gautier, qui a remis