Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/198

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I92 CORRESPONDANCE . dans un perpétuel ébaluissement. Cest de beau- coup ce qu’il ya de plus beau en Egypte et peut- être ce que nous verrons de plus crâne dans tout , notre "voyage. Ce soir, nous arriverons a Keneb probablement. Si je n’y ai pas de lettres, je n’ai ' plus d’espoir d’en avoir qu’au Caire. Enfin,-Dieu bénisse la poste et les clianceliersl Si je savais au moins que tu as reçu toutes les miennesl Je mets dans mes envois le plus de régularité possible; ie » Fais partir des exprès a cheva quand je n’ai pas d’occasion. Avec tout cela, j'ai bien peur que tu ne passes souvent plusieurs courriers sans avoir de mes nouvelles. Mais tranquillise-toi, bonne mere, je vais et nous allons tous bien. En fait d’inconvénients de voyage, croiras-tu que ie viens de passer quatre jours sans gamer! Faute de tabac. Le tabac des paysans ara es me semblant exé- crable, je soupire après le caporal. A Je viens tout a l'l1eure de rater une grande ci- ogne qui se promenait tranquillement sur la rive. É/la balle a été a cinquante pas plus loin faire des ricochets sur le sable, etla cigogne tranquillement - est remontée dans l’air, laissant pendre ses pattes et donnant de grands coups d’ailes. . Nous venons , pauvre vieille, de passer à Thèbes u i quinze bien bons iours. C’est beaul ce devait être au moins une ville aussi grande que Paris. II Faut · · trois jours rien que pour voir, sans s’arrêter, les ruines qui en demeurent encore, quoique tout soit ravagé et aux trois quarts enfoui. Cest une plaine entre deux chaînes de montagnes, traversée par le Nil, parsemée d’obélisques, de colonnades, de f`rontispices,·de colosses. Je n’oublierai jamais la première impression que m’a Faite le palais de