Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/223

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DE GUSTAVE FLAUBERT. V 217 du mois prochain, si d’ici la ne surgit quelque obstacle, nous ne serons pas loin de Jérusalem. lai quitté notre pauvre barque avec une mé- , lancolie navrante. Rentré ai l’hôtel au Caire, ïavais - la tête bruissante comme apres un long voyage en diligence. La ville m’a semblé vide et silencieuse, quoiqu’elle fût pleine de monde et agitée. La pre- miere nuit de mon arrivée ici, fai entendu tout le tem s ce bruit doux des avirons dans l’eau,_ ui depiiis trois grands mois cadençait nos longdes journées réveuses. Bizarre phénomène psychologique, Monsieur! Revenu au Caire (et aprés avoir lu ta bonne lettre), je me suis senti éclater d'intensité intellectuelle. ` La marmite s’est mise à bouillir tout à coup, fai A éprouvé des besoins d’écrire cuisants. .l'étais monté. Tu me parles du plaisir que te font mes lettres; j`_y crois sanls peiqe, adla ioie que les tiennes me causent. e es is or inairement trois t fois de suite, ie m’en bourre. Ce que tu me dis sur tes visites ai Croisset mia remué le ventre. Je ‘ me suis senti toi. Merci, cher vieux, des visites que tu fais a ma mère. Merci, merci. Elle n'a que toi a qui parler de moi dans ses idées, et que toi qui me connaisse, apres tout. Cela se flaire par le cœur. Mais ne te crois pas obligé a dépenser a Croisset tous tes dimanches, pauvre vieux. Ne t’ennuie pas par dévouement. Quant a elle, je crois u’elle paierait bien tes visites cent Francs le cachet. il serait gars de lui en faire la proposition. Vois—tu ` le mémoire que lourbirait le « Garçon » en cette oc- I casion: «Tant pour la société d’un homme comme moi. Frais extraordinaires : avoir dit un mot spiri- tuel, avoir été charmant et plein de bon ton, etc. »