Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/238

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2 3 z CORRESPONDANCE un gros caillou noir pour toi, pauvre vieux, et dans l’eau bleue et tiède j'en ai pris encore trois ou Iquatre autres petits. z _ ous sommes maintenant presque toujours en selle, bottes, eper,onnés, armés jusqu’aux dents. Nous allons au pas, uis tout at coup nous lançons _ nos chevaux a fondp de train. Ces bêtes ont des pieds merveilleux. Quand on descend une pente rapide, avant de poser leur sabot quelque part, elles ' tâtonnent lentement tout a l’ent0ur avec ce mou- . vement doux et intelligent d'une main d'aveu le ' qui va saisir un objet. Puis elles le posent franclêe- ment et on part. Nous haltons aux Fontaines; nous coucbons sous les arbres. Je ne peux pas dormir tant j'ai de puces. Nous avons quatre mulets qui ortent des colliers avec sonnettes; ça dure toute V lajournée et la nuit, rangés autour de nous, tout · enmâcbant leur paille, A Beyrouth nous avons fait la connaissance d’un brave arçon, Camille Rogier, le directeur des postes Élu lieu. C’est un peintre de Paris, un de la clique Gautier, qui vit la en orientalisant. Cette rencontre intelligente nous a fait plaisir. ll a une jolie maison et un joli ctiisinier. Il y a bien longtemps que je n’ai lu de ta bonne ` ` écriture. Voilà les vacances, tu dois avoir un_ peu plus de temps. Envoie-moi des volumes. ‘ ` 266. À SA MÈRE. l Jérusalem, zo août 1850. Par le même courrier j'écris at Bouilbet. Je lui ai dit Yimpression religieuse que m’avaient faite les