Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/310

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'V 4 ' 504 CQRRESPONDANCE A , I f mot que Maxime a reçu de toi à Naples, de Voir ` ` que tu me demandais mon avis. Tu as dû pourtant recevoir cette lettre; je- serais fâché qu’elle fût ` perdue. " . · R De jour en jour, ai Naples et a Rome, depuis ‘ que j'y suis, j'attendais et fattencls une lettre e ta ' seigneurie. .le‘n’en ai pas eu depuis Athenes, c’est- · â- ire depuis janvier dernier. Cest lon , cher ,_ Y Monsieur. Que deviens~tu donc? Voilà l’été, — pauvre vieux; au mois de juillet prochain, dans deux mois et demi, nous reprendrons nos climan- · ches, nos ueulades, nos chères et communes in- quiétudes.gl`u t’étendras sur mon tapis de voyage, - plein encore de sable et de puces. Tu fumeras dans mes pipes longues et humeras, si tu veux, le · ‘ cuir de ma selle. Je deviens fou de_ désirs « eH`rénés» (j’écris le , mot et je le souligne). Un livre que fai lu à · Naples sur le Sahara m'a donné envie d’aller au i Soudan avec les Touaregs qui ont toujours la · fi ure voilée comme des femmes, our voir la clëasse aux nègres et aux éléphants. lé rêve baya- dères, danses frénétiques et tous des tintamarres ` _ de la couleur. Rentré à Croisset, il est probable ` que je vais me fourrer dans l’lnde et dans les , grands voyages _d'Asie. J e boucherai mes fenêtres ‘ et je vivrai aux lumières. .l'ai des besoins d’orgies — poétiques. Ce que j’ai vu m’a rendu exigeant. Le Don Juan avance piano; detemps a autre, je « couche par écrit» quelques mouvements. - Mais par ons de Rome; tu t’ attends, bien sûr. Eh bien, vieux, je suis fâché cle l’avouer, ma pre- ' mière impression a été défavorable. .l’ai eu, comme un bourgeois, une désillusion. Je cherchais la