Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/320

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I 3 14 'CORRESPONDANCE Si je pouvais vous rendre heureuse, ie le ferais avec joie; ce ne serait que justice. ljiclée que ie vous ai tant fait souffrir m’est à charge; ne le com- prenez-vous pas'? Mais cela ne dépend ( et tout le reste n’a dépendu) ni de moi, ni de vous, mais des choses mêmes. Vous m’avez dû l’autre jour, à Rouen, trouver bien Froid. Je l'ai été le moins possible pourtant. _ J'ai fait tous mes efïorts pour être bon; tendre, ` non : c'eût été une hy ocrisie infame et comme . un outrage à la vérité dlé votre cœur. 4 Lisez et ne rêvez pas. Piongez-vous dans de « longues études; il n’y a de continuellement `bon que Yhabitude (Yun travail entêté..ll s°en dégage un opium qui engourdxt Fame. J’ax passé par des ennuis atroces et jai tournoyé dans le vide, éperdu dîembëtement. On s’en sauve a f`orce de constance _ et d’orgueil; essayez. ` Je voudrais que vous fussiez en tel état que , nous puissions nous revoir avec calme. J’aime votre société qluand elle n’est pas orageuse. Les tempêtes qui aisent si fort dans la jeunesse en- nuient dans léige mûr. Cest comme l’équitation : il Fut un temps ou j'aimais aaller au grand galop; maintenant je vais au pas et la bride sur le cou. Je deviens très vieux; toute secousse me gêne, et je n’aime pas plus à sentir qu’à agir. Vous ne me dites rien de ce qui m'intéresse le _ . plus, vos projets. Vous`n’étes encore fixée à rien; 1 `e le devine. l.’avis que je vous avais donné était · bon; il Faut toujours, comme disait Phidias dans le temps, avoir un igot et un aloyau. ' ' Je vous rcverrai bientôt a Paris, si vous y êtes. W (Vous deviez rester en Angleterre un mois ?) Je