Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/52

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, 4,z CORRESPONDANCE ' sens attaché, plus je me tourne et me retourne ‘ ` avec fureur du côté du soleil et de l’air, (Tu m'ac- ` cuses dans ton cœur de n'avoir pas même le désir de te voir. Mais quand même tu ne serais pas toi, n’importe d’où il me viendrait, crois-tu qu’un ‘ peu d'am0ur ne me serait pas bon?) et je me de- mande : quand tout lien sera brisé, quand j'aurai donné sur ma ville la malédiction de l'adieu, où î irai-je? j . S1 tu savais, après tout, quelle est ma viel — · Quand je descends le soir apres une journée 'de huit heures de travail, la tête remplie de ce que j'ai lu ou écrit, préoccupé, agacé souvent, je m’asseois, pour manger, en face de ma mere qui soupire en pensant aux places vides, et l’enf`ant se met a crier ou a pleurer! Souvent, maintenant, elle a, dans ses indispositions, des attaques de nerfs, mêlées cfhallucinations comme j’en avais; et c’est . I moi qui suis là, méthode peu curative pour mon propre compte; et pour finir c’est mille autres · - choses encore. ' _ Mon frère et sa femme se conduisent ai peu A ' . près aussi indélicatementque possible. lai pris le_ parti d'avaler tout pour faire croire aux autres que les pilules Sont bonnes, mais il y en ade dures à digérer. Tout ça jme fournit par moment des aspects tres grotesques que je me plais a étudier; _ c'est une compensation au moins. Et enfin mon — beau-frère est revenu tout à coup d’ Angleterre dans un état mental déplorable. ll joue [avec] · son enfant de maniere à la tuer (ce a quoi je m’at· tends) et ma mère est dans des angoisses perpé- tuelles, de sorte qu’il faut toujours être la, ou avec . lui, _ou avec elle, ou avec eux.