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DE GUSTAVE FLAUBERT.

long pour un homme que cinq cents pages à écrire comme ça ; et quand on en est à la 240e et que l’action commence à peine ! Encore adieu, mille baisers sur toutes les lèvres.

À toi. Ton G.

387. À LOUISE COLET.

En partie inédite.

[Croisset] Nuit de samedi, 1 heure.
[30 avril-1er mai 1853].

Tu me reverras avec une dent de moins, chère amie. Il a fallu hier en passer par là. Je m’étais réveillé avec des douleurs atroces à 4 heures. Ma molaire qui n’était pas « d’une entière blancheur », comme dit Bilboquet, était sautée ; mais la pareille, de l’autre côté, m’a fait encore plus souffrir après et il s’est déclaré un abcès qui m’a donné, toute cette nuit, une fièvre atroce. J’en ai encore les genoux en bouillie. À 9 heures du matin je suis donc retourné à Rouen pour me faire ouvrir cet abcès. Tout cet après-midi j’ai dormi sur mon divan. Ce soir je vais mieux, mais j’ai grand’peine à manger. Le pis de tout cela, c’est que voilà deux jours d’entièrement perdus pour le travail, car, hier au soir, je n’ai pu guère travailler (quoique j’aie fait une phrase sur les étoiles) et, ce soir, j’ai eu la surprise de la visite de Bouilhet qui avait appris mes douleurs et est venu me voir un jour plus tôt. Il m’a apporté la Paysanne. Cette publication est plus jolie extérieurement que je ne m’y attendais ; elle a une bonne figure. Tu verras, ça réussira.