Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/129

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 123 je l’attends en ce moment même. Saint-Victor m’a dit que le directeur des Variétés en avait envie : il niv a donc rien de fait, comme tu le vois. Maintenant causons de la grande affaire. Eh bien, ma pauvre Caro, tu es toujours dans la même incertitude, et peut-être que maintenant, apres une troisième entrevue, tu n’en es pas plus avancée. Cest une décision si grave ai prendre que je serais exactement dans le même état si j’étais dans ta jolie peau. Vois, réfléchis, tâte bien ta personnetout entière (cœur et âme), pour voir si le monsieur comporte en lui des chances de _ bonheur. La vie humaine se nourrit d’autre chose que d'idées pratiques et de sentiments exaltés; mais, dl autre part, si l'existence bourgeoise vous fait crever d’ ennui, ai quoi se résoudre? Ta pauvre grand'mere désire te marier, par la peur ou elle est de te laisser toute seule, et moi aussi, ma chere Caro, je voudrais te voir unie ai un honnête arçon qui te rendrait aussi heureuse que possible! âuand je t’ai vue, l’autre soir, pleurer si abon— _ clamment, ta désolation me fendait le cœur. Nous t’aimons bien, mon bibi, et le jour de ton mariage ne sera pas un jour gai pour tes deux vieux com- pagnons. Bien que je sois naturellement peu jaloux, le coco qui deviendra ton époux, quel qu’il soit, me déplaira tout cl'abord;. mais là. n’est 4 pas la question. J e lui pardonnerai plus tard et je l’aimerai, je le chérirai, s'il te rend heureuse. Je n'ai donc pas même l’apparence d'un conseil _ à te donner. Ce qui plaide pour M. C‘°°"‘U) c’est la Façon dont il s’y est pris; de plus on connait son U) Ernest Commzmville, gros négociant en bois.