Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/247

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 241 Il en est de ce mot-la comme de bien d’autres. Chacun le prend par un bout et on ne s°entend pas. Les sciences psychologiques resteront où elles gisent, c’est-à—dire dans les ténebres et la folie, tant qulelles n’auront pas une nomenclature exacte, qu'il sera permis d’employer la même expression pour signi er les idees es plus diverses. Quand on embrouille les catégories, adieu la morale! Ne trouvez-vous pas au fond que,_ depuis Sg, on bat la breloque? Au lieu de continuer par la grande route, qui était large et belle comme une voie triomphale, on s'est enfui par les petits che- mins, et on patauge dans les fondrieres. II serait peut-étre sage de revenir momentanément a d’l·lolbach. Avant d’admirer Proudhon, si on con- naissait Turgot ? Mais le Chic, cette religion moderne, que deviendrait-elle l Opinions chic (ou chiques) : étre pour le catholicisme (sans en croire un mot), être pour l'esclavage, étre pour la maison d’Autriche, porter le deuil de la reine Amélie, admirer Orphée aux ' Enfrs, s’occuper de comices agricoles, parler sport, se montrer fioid, être idiot jusqu’a regretter les traités de 1815. Cela est tout ce qu'il y a de plus neufÈ . Ah! vous croyez, parce que je passe ma vie a tâcher de faire des phrases harmonieuses, en évi- tant les assonances, que je n’ai pas, moi aussi, mes petits jugements sur les choses de ce monde? Hélas oui! et même je creverai enragé de ne pas les dire. Mais assez bavardé, je vous ennuierais a la fin. V. _ 16 A