Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/394

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


3 8 8 CORRESPONDANCE dans ma solitude, une bénédiction qui plane sur moi. J e vous envoie toute ma gratitude, Princesse, je vous baise les deux mains et je suis tout ai vous. 979. À GEORGE SAND. [1868 7] CHÈRE MAî·rRE, * Dans votre dernière lettre, parmi les choses gentilles que vous me dites, vous me. louez de n etre pas «hautam ». On n est pas hautam avec ce qui est haut. Ainsi, sous ce rapport, vous ne pou- vez me connaître; je vous récuse. Bien que je me croie un bon homme, je ne suis pas toujours. un monsieur. agréable, a preuve ce qui m’est arrivé jeudi dernier. Apres avoir déjeuné chez une dame que j’avais appelée «imbécile», j’ai été faire une visite chez une autre que j’ai traitée de «dinde»; telle est ma vieille galanterie française. La premiere m’avait assommé avec ses discours spiritualistes et ses prétentions a l'idéal; la seconde m’a indi é en me disant que Renan était un « coquin ». Éiez qu’elle m’a avoué n'avoir pas lu ses livres. II y a des sujets sur lesquels je perds patience et, quand on débine devant moi un ami, mon sang de sauvage revient, je vois rouge. Rien de plus sotl car ça ne sert à rien et ça me fait un mal afireux. Ce vice-la, du reste, le lâcluzgc des amis en société, me semble prendre des proportions gigantesques.