Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/433

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DE GU$TAvE FLAUBERT. 427 IOO8. À LOUIS BONENFANT. Croisset, jeutli [1868 ?]. MoN cmzn AMI , J e ne t’ai pas suffisamment remercié. Ta narra- tion est cle tout point excellente et me fournira cle bons détails. Tu m’as renclu un vrai service en me l’envoyant. r J e remercie aussi ma petite cousine Emilie pour son vocabulaire nogentais et je reconnais cette attention par la plus noire ingratitucle, car : J e ne uis me soumettre a son clésir, qui est cle changer lle nom clu héros cle mon roman. Tu clois te souvenir, cher ami, qu’il y a quatre ans je t’ai clemanclé s'il y avait encore a Nogent cles per- · sonnes clu nom cle Moreau? Tu m’as répondu qu’il n'y en avait pas, et tu m’as fourni plusieurs noms clu pays que je pouvais employer sans inconvénient. Fort cle tes renseignements je me suis embarqué naïvement. ll n’est plus temps pour moi cle revenir la-clessus. Un nom propre est une chose extrêmement importante dans un roman, une chose capitale. On ne peut pas plus changer _ un personnage cle nom que cle peau. C'est vou- loir blanchir un nègre. Tant pis pour les Moreau qui existent a No- gent! Ils n’auront pas cl’ailleurs a se plainclre cle moi. Car mon M. Moreau est un jeune homme tres chic.