Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/99

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 93 - condition de l’Art, je ne puis me résigner ai écrire de telles platitudes, bien u’on les aime actuel- lement. Quant au second, dont j'aime l'ensemble, j’ai peur de me faire lapider par les populations ; ou déporter par le gouvernement, sans compter que j’y vois des dilhcultés d’exécution eflroyables. De plus, le printemps me donne des envies folles de m’en aller en Chine ou aux Indes, et la Normandie avec sa verdure m'agace les dents comme un plat d'oseilles crues. De plus, j’ai des crampes a I'estomac. Voila tout. A Et vous? avancez-vous? Etes-vous contents? Les diners du samedi durent-ils toujours? Claudin a eu l’amabilité de m’envoyer un compte rendu de Folammbô (1); ciest une attention délicate dont je lui sais gré. Avez-vous suHisamment vitupéré Sainte-Beuve et engueulé l'Académie at propos de la nomination Carné? Je lis maintenant l’Hist|îoirc] du Consulat d’un bout a l’autre, et je pousse des rugissements. ll n’est pas possible d’étre plus foncièrement mé- diocre et bourgeois que ce monsieur-la!a Quel style! et quelle philosophie! Je compte toujours vous voir a la fin du mois. Je vous embrasse sur vos quatre joues en vous serrant les mains tendrement. ` (1) Folamntbô ou las Cïocasscries cartlmginoises, piéce en î tableaux, par Laurencm (Paul-Aimé Chapelle) et Clairville (Pa ais-Royal, 1°’ mai 1863