Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 6.djvu/302

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296 . CORRESPONDANCE pas de la pièce, mais de l’idée a prêcher. Notre ami Dumas rêve la gloire de Lacordaire, ou plutôt de Ravignanl Empêcher de retrousser les J cotillons est devenu, chez lui, une idée fixe. Faut- il que nous soyons encore peu avancés puisque toute la morale consiste pour les femmes à se priver d’aclultére et pour les hommes à s’abstenir cle vol! Bref`, la première injustice est pratiquée par la littérature qui n’a souci de l'esthétique, laquelle n'est qu’une Justice supérieure. Les romantiques auront de beaux comptes à rendre, avec leur sentimentalité immorale. Rappelez—vous une pièce de Victor Hugo, dans la Legende des Siècles, où un sultan est sauvé parce qu’il a eu pitié d’un cochon; c’est toujours l’histoire du bon larron, béni parce qu'il slest repenti. Se repentir est bien, mais ne pas faire de mal est mieux. Jfécole des réhabilitations nous a amenés à ne voir aucune différence entre un coquin et un honnête homme. Je me suis, une fois, emporté, devant témoins, contre Sainte-Beuve, en le priant d’avoir autant d’indulgence pour Balzac qu’il en avait pour Jules Lecomte (1). II m'a répondu en me traitant de ganachel Voilà où mène la largeur. On a tellement perdu tout sentiment de la pro- portion que Ie conseil .de guerre de Versailles traite plus durementPipe-en-Bois que . Courbet; Maroteau est condamné à mort comme Rosselz C’est du vertigel Ces messieurs, du reste, m’in- téressent fort peu. Je trouve qu'on aurait dû' condamner aux galères toute la Commune et (1) Journaliste, critique littéraire, et surtout feuilletonistc abondant.